HAITI MEDICAL - ARCHIVES

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Le reve de la sante pour tous en l'an 2000 - No 2

From: Jean ALix Boyer
email: Jnalix@hotmail.com
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Date: 02 Sep 2001
Time: 01:42:33

Comments

N.B. Suite à la réaction de Michelle en date du 1er sept. 2001, l'auteur de ce nouveau sujet a compris la necessité de poster les grandes lignes de son article publié dans les colonnes du Nouvelliste en vue d'enrichir la discussion.

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Aujourd'hui, la volonté collective veut que la santé soit un droit. Cette volonté est exprimée dans la constitution de 1987 qui fait obligation à l'Etat de garantir le droit à la santé par la création d'hopitaux, de dispensaires et de centres de santé dans toutes les collectivités du pays.

Autrefois, l'hôpital etait percu comme des hospices ou l'on allait mourrir. Mais, malgré la réticence des persones agées et des enfants à les fréquenter, les hôpitaux ont apprivoisé beaucoup de gens pour devenir avec la clinique les lieux privillàgiés de l'exercice du pouvoir médical. Il est un fait que tout citoyen haïtien ne peut obtenir sur demande les soins requis par son état de santé. L'institution médicale haitienne souffre de grandes défficiences: les problèmes vont de la carence des infrastructures en passant par l'exiguité du personnel profesionnel, les retards accumulés dans le cadre de l'introduction des nouvelles technologies, le manque de planification dans le cadre des choix publics et la non-règlementation. Le marché des services de santé qui existe bel et bien fonctionne sous la houlette d'un système à deux vitesses: les secteurs public et associatifs adressent les problèmes des populations à bas revenus ou défavorisées et les demandes qui sont formulées par ceux-là qui ont la capacité de payer sont adresseés par le secteur privé. En ce sens, ils sont les plus vite et mieux servis. D'où les barrières se traduisant par des dicriminations qui font des soins de santé un bien de luxe qui ne peut être adresser par tout le monde.

La santé n'a pas de prix, la santé est un bien precieux. Dans tous les pays qui se respectent le secteur de la santé fait l'objet d'une des règlementations les plus strictes. L'objectif, c'est d'éviter tout marchandage sur la santé et sur la vie des hommes. En Haiti, le pouvoir médical qui doit s'exercer en toute liberté s'exerce quelque peu trop librement. Il convient d'étudier la situation de la déontologie médicale. Le constat est que la déontologie médicale est soumise à la discrétion des professionnels (pas d'inspection médicale dans les cliniques et dans les hôpitaux, pas de coorporations professionnelles). Personne ne semble ni se preoccupper par le comportement déviant de certains professionnels, ni se soucier d'une pratique médicale qui soit régulière et adéquate.

Pour cause, les cas de décès et d'invalidité résultant des actes médicaux (ce n'est pas une nouveauté) sont généralement versés dans le domaine de la fatalité. D'où la délicatesse de la mise en cause de la responsabilité des médecins.

La logique de l'amélioration de la sante perd peu à peu du terrain en faveur de la logique de profit. En considérant les tarifs des consultations qui sont ajustés à nimporte moment, les honoraires des médecins dans le cadre des traitements, les coûts d'un séjour à l'hôpital, l'accès et les prix des médicaments, la qualité des services offerts dans le réseau public, on est forcé de constater que l'Etat n'assume pas ses responsabilités (ressources budgétaires insuffisantes - absence d'une politique de santé cohérente - défficit de règlementation) et que le serment d'Hypocrate n'est pas respecté dans le cadre de l'exercice de la profession médicale. Tout cela facilite particulièrement dans les zones rurales l'installation des charlatans qui au mieux sont des incompétents de bonne foi et au pire des malfaiteurs qui mettent la santé des gens en danger.

Aujourd'hui, un partenariat entre les secteurs privé, public et associatif est plus que nécessaire. Il devra permettre la conjugaison des efforts en vue de la règlementation du secteur de la santé et de la démocratisation des ressources sanitaires car la santé pour tous est encore un rêve.

JAB


Last changed: November 06, 1999 01:54:59 AM