In Memoriam Docteur Anténor Miot

Par Dr Raymond Bernardin
Chirurgien-Orthopediste
[Date du  Manuscrit: 21 Juillet 1994]
Publié en Janvier 1995
Dépot Légal : 94-12-204 / Bibliothèque Nationale d'Haiti


 

" Mon regard ne lui connait pas d'âge...

Et il semble parfois que le temps n'ait pas coulé

L’'avenir s'étend encore à l'infini. "

[Simone de Beauvoir]

Ce sont là les sentiments qui m'ont traversé ce mardi 21 juin 1994 à l'annonce de la mort soudaine et combien inattendue du Docteur Anténor MIOT. Cet homme calme et serein s'est retiré tout simplement alors qu'il se préparait à entreprendre les multiples occupations de sa journée habituelle faite de soucis, d'améliorations à apporter ou à suggérer dans les divers domaines qui remplissaient encore sa vie empreinte de simplicité, de dévouement, de constance et d'honnêteté à la tâche, de compétence, d'amour et de sacrifices.

Le Docteur MIOT est né aux Cayes le 5 novembre 1906 sous les auspices les plus heureux considérant les faits et évènements qui vont marquer sa vie et sa carrière. 1906, année de lumière s'il en fut pour le pays. En effet ce fut l'année où l' Etat Haitien signait les contrats d'électrification des villes de Port-au-Prince et du Cap-Haitien avec le général Helvétius Manigat et le député Emmanuel Gabriel, de la ville des Gonaives avec Mr Narcès Leconte; dans le domaine de l'enseignement, c'est l'année de l'inauguration par le ministre de l'lnstruction Publique Murville Férère du nouveau bâtiment logeant le Iycée Alexandre Pétion en remplacement du local vétuste datant de Faustin Soulouque; c'est aussi l'année du contrat de construction du wharf de Port-au-Prince et de la ligne de chemin de fer devant relier la Capitale au Cap-Haitien.

Dans le domaine médical, le gouvernement du Général Nord Alexis adopta les nouvelles lois et régulations qui devaient régir la pratique de la profession médicale et inaugura l'Asile de Beudet pour les aliénés mentaux et la mise en chantier à Thor le Volant d'une léproserie qui malheureusement n'ouvrira jamais ses portes aux malades.

Ces auspices lumineux laissent augurer un brillant futur pour cet enfant né de Verrus Miot et de Madame Emilia Paulin. Sa mère allait succomber peu de temps après la naissance d'un deuxième fils Bricena qui devait lui-même mourir jeune agronome à Jacmel . Le jeune Anténor n'avait pas deux ans à la mort de sa mère. Il allait être élevé par la seconde épouse de son père Verrus, Neiphile Montana-Badou, originaire de la Nouvelle Orléans, femme distinguée, d'une grande piété, douée d'un dévouement et d'un sens du devoir remarquables qui comble le jeune Anténor de tout l'amour maternel, l'affection et la tendresse qui devaient lui prodiguer ces grandes qualités de coeur qui l'ont tant marqué.

Sa prime éducation fut confiée aux soins diligents et attentionnés de cette vertueuse institutrice bien connue dans la société cayenne, Mlle Eugénie Pierre. Puis le jeune garçon studieux et appliqué, après ses cours primaires chez les Frères de l'lnstruction Chrétienne, se retrouva sur les bancs du Lycée Philippe Guerrier de sa ville natale.

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