Pour faire face à une fréquentation de plus en plus accrue du service, des travaux d'agrandissement et de réaménagement ont été finalisés en l'année 1973 sous le ministère du Dr Alix Théard, la direction médicale du Dr Jacques Fourcand et l'administration de Mr Auguste Maingrette.

Pendant trente-six longues années, de 1948 à 1984,1'année de sa retraite, le Dr MIOT, inlassable, a dirigé le Service d'Orthopédie, formant de nouveaux disciples, transmettant sans réserve ses connaissances de la science orthopédique, gagnant tout au cours de son chemin la sympathie, l'admiration, voire la vénération des uns et des autres. Et au cours de ces années de labeur incessant, de dévouement envers l'oeuvre qu'il a créée, son activité débordante ne connut pas de limites. En 1955 à la mort du doyen de la Faculté de Médecine, le Dr Fritz Sam, il partagea avec le Docteur Joseph Perrier la direction intérimaire de la Faculté de Médecine et de Pharmacie jusqu'à la désignation du doyen définitif, le Dr Franck Basile.

L'année 1955 fut une des plus fructrueuse pour le Dr MIOT. En effet c'est à cette époque qu'il fonda le onze avril, de concert avec les docteurs Vanès Bellevue, Paul Bonhomme, Martial Bourand, Antoni Lévêque et Constant Pierre-louis, la "Société Haltienne de Chirurgie". Le 20 septembre ce fut l'inauguration de l'Hôpital du Canapé Vert fondé par le groupe constitué des docteurs Anténor Miot, Antoni Lévêque, Paul Bonhomme, Carlo Boulos, Louis Hyppolite, Manès Liautaud, Lucie Paultre Sajous, de L' ingénieur Arsène Magloire et de Messieurs Alfred de Matteis et René Dominique.

Cette institution, dont le Dr MIOT fut le premier président du Conseil, occupe encore après près de cinquante ans d'existence une place de premier choix parmi les centres hospitaliers privés du pays.

En 1962 le Dr MIOT fut nommé membre du Conseil Consultatif au Département de la Santé Publique; en 1970 avec I ' inauguration du nouvel hôpital de l'OFATMA (ci-devant IDASH) pour les accidentés du travail, il devint membre du Conseil d'Administration de cette institution. En 1971 il devint membre du Conseil de Direction de l'Hôpital de l'Université d'Etat d'Haiti (HUEH) qui succéda depuis le 14 mars 1968 à l'ancien Hôpital Général.

A travers toutes ces années, le Dr MIOT a toujours gardé un contact étroit avec la Faculté de Médecine. Même quand il n'était plus professeur, il partageait la vie estudiantine à travers ses enfants étudiants à l'Alma Mater, discutant de leurs problèmes, se mettant au courant des lacunes et difficultés de l'enseignement, encourageant les professeurs qui l'approchaient et le consultaient sur des questions scientifiques et académiques diverses. Il privilégiait des rapports soutenus avec divers doyens de la Faculté dont il était le conseiller écouté et respecté; je veux citer deux doyens en particulier, les Drs Robert Germain et Gérard D. Pierre, à qui il apportait son support et son encouragement dans l'accomplissement de leur tâche trop souvent difficile.

Le laxisme qui s' introduisait dans les moeurs haitiennes influençait le comportement de certains confrères au grand désespoir du Dr MIOT qui ne cachait pas son amertume et sa grande déception en face de faits et d'actes que sa droiture et sa grande générosité, son sens aigu du respect de la profession et de la Confrérie médicale ne pouvaient supporter. "Où est l'éthique dans tout cela?", répétait-il souvent; "on voit qu'ils n'ont pas eu de cours de Déontologie", discipline par excellence qui enseigne le bon comportement et la bonne conduite vis-à-vis de tous, surtout des malades et des confrères. Ces profondes préoccupations du Dr MIOT touchèrent le doyen de la Faculté d'alors, le Dr Frantz Médard, qui réinstaura le cours de Déontologie dont la responsabilité incomba au Dr MIOT. C'était en 1980.

Arriva malheureusement 1984: le Maître décide de se retirer et de prendre sa retraite définitive. En la circonstance, une cérémonie émouvante eut lieu à l'auditorium du nouveau bâtiment du Service de Chirurgie. C'est l'occasion pour moi de présenter mes respectueux hommages au Chef de Service d'alors, le Dr Alix Adam qui, par sa ténacité, son sérieux, son honnêteté, son sens du devoir et son dévouement sans bornes, a contribué à la construction de ce magnifique bâtiment. Cette cérémonie réunissait toute la grande famille de l'Hôpital Général et fut rehaussée par la présence du Dr Robert Germain, Ministre de la Santé Publique d'alors. Le docteur Mathieu Joseph, son compagnon fidèle de trente-six années, a su retracer la trajectoire du Dr MIOT en des termes émouvants qui allèrent droit au coeur de toute l'assistance venue en grand nombre: médecins, infirmières, techniciens, personnel auxilliaire, tous confondus dans le même sentiment de respect et d'admiration pour le Maître.

Et moment pathétique s'il en est, moment suprême d'intenses émotions: le Dr MIOT s'est levé, gagna le podium et n'a pas pu retenir ses larmes: il fondit en sanglots; et pour tout discours il n'a pu prononcer que ce seul mot:

" MERCI, MERCI, MERCI "

qui résumait toute son appréciation pour ce geste, malheureusement unique dans l'histoire de cette Institution qui n'a pas la tradition de respect et de remerciements vis-à-vis de ceux qui l'ont servie souvent avec dévouement et pendant de longues années.

 

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