Ici intervint un événement qui allait marquer un tournant dans la vie du Docteur MIOT. Les forces d'occupation du pays sous prétexte d'austérité ont décidé la fermeture des classes humanitaires et terminales des Lycées provinciaux; aucun fonds ne serait alloué pour l'éducation avancée desjeunes haltiens en particulier ceux de la province. Ce sont ces mesures contraignantes qui vont amener le jeune élève de la classe de 4e à laisser sa ville natale, le cocon familial, pour rentrer à Port-au-Prince et se faire admettre en classe de troisième du Iycée Alexandre Pétion. Il devait acquérir de solides connaissances classiques sous la conduite de maîtres chevronnés qui se nommaient Victor Delbeau, Ulrick Duvivier, Auguste Fabius, Dr Jean Price-Mars, Alfred Soray, Damoclès Vieux. Aux épreuves terminales en classe de philosophie, Anténor MIOT sortit lauréat; il reçut la palme d'honneur du jury et fut porté en triomphe sur les fortes épaules de Lorimer Denis depuis le local de l'Inspection Scolaire jusqu'à la cour du Iycée où " planté comme un drapeau " il fut ovationné et acclamé par ses camarades et pensionnaires du Iycée.

Fort de sa solide formation gréco-latine, il devait continuer toute sa vie à approfondir ses connaissances générales jusqu'à se forger une profonde culture qui donnait un éclat particulier à sa puissante personnalité et rendait les rencontres avec le Professeur MIOT un délice, tant il prenait plaisir à émailler la conversation de citations latines, grecques, italiennes ou allemandes, sa prodigieuse mémoire sans cesse entretenue ne l'ayant jamais lâché.

Son cycle d'études secondaires bouclé, le jeune Anténor avec une conviction inébranlable et une détermination exemplaire, choisit de se faire médecin. Il est admis à l'Ecole de Médecine avec neuf autres camarades qui ont pour nom Edouard Blanchard, Félix Buteau, Antoine Cadet, Morice Hall, Saint-Lucien Hector, Thomas Large, Manes Liautaud, Louis Maximilien et Charles Paret.

L'Ecole de Médecine était à ce moment confiée à la direction du Docteur Justin Dominique qu'encadrait toute une phalange de professeurs sévères et exigeants, sommités de l'heure, formés dans les universités américaines et françaises , à compétence indiscutable, tels les docteurs Molière Civil, Lélio Hudicourt, Louis Hyppolite, Bénito Hyson, Louis Jourdan, Rulx Léon, Edouard Pétrus, Paul Salomon.

L'étudiant MIOT consacre à ses études médicales le même sérieux, la même dévotion dont il a fait montre au Iycée. Il se signale très tôt à l'attention de ses camarades et professeurs par son assiduité et son ardeur au travail. C'est ainsi qu'au bout de ces cinq laborieuses et rudes années passées dans le creuset d'études de l'Ecole de Médecine, le 31 juillet 1931 le jeune Anténor MIOT reçoit son diplôme de Docteur en Médecine avec les hommages de la direction, car il est sorti lauréat de sa promotion; il reçoit également le prix attaché à ce titre des mains du Président de la République Sténio Vincent qui devait devenir par la suite son patient.  

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